Ma vision de l’auto-stop

12 Fév, 2019

« L’auto-stop est l’évidence même lorsque je pense au voyage. Et non par nécessité mais par plaisir ! »

 

 

Pourquoi l’auto stop ?

L’auto-stop est l’exemple parfait, de mon point de vue, qui allie écologie et voyage.  Contrairement aux transports classiques comme les bus et les avions, il n’est pas basé sur le système de l’offre et de la demande. Les automobilistes vont faire leur trajet de la même manière peut importe si il y a des auto-stoppeurs ou non. Le fait de faire du stop ne créé pas une demande qui, dans le milieu des transports publics, générerait une offre croissante (et une pollution supplémentaire).

Contrairement au covoiturage, il n’y a pas d’intérêt financier pour le conducteur. Et de mon côté, je n’attends pas un taxi qui m’amènera directement à destination. Même si c’est similaire, mes expériences en stop sont nettement différentes. Souvent, le conducteur a beaucoup de choses à raconter ou beaucoup de questions à poser. Les seules fois où j’ai eu un conducteur qui ne parlait pas, c’était parce que nous n’avions pas de langue commune. Et même dans ces cas là, nous nous débrouillions toujours pour échanger avec des signes, les applis des téléphones et tout autre objet à notre disposition.

C’est juste de l’entraide, que je sois le conducteur ou l’auto-stoppeur. C’est revenir aux sources, sur des bases simples et de la bonne volonté. Ça permet de sortir un peu de ce monde individualisé et superficiel où toute chose doit être monnayée ! Par exemple, échanger les vêtements des enfants qui grandissent. C’est un bon procédé qui permet de faire des économies. De la même manière, il n’est pas nécessaire à chaque personne d’avoir une voiture. De nombreux citadins bénéficient d’une offre importante de transport en commun qui satisfait les besoins quotidiens. Pour eux, posséder une voiture présente de nombreuses contraintes (stationnement, assurance, entretiens et pannes) dont ils pourraient être soulagés par la location de véhicule de manière exceptionnelle.


Les avantages de l’auto-stop

Nous n’allons pas nous voiler la face. Le point fort est l’économie d’argent. Le transport fait partie des éléments les plus couteux du voyage. En fonction de notre budget et de notre temps, l’auto stop se présente comme la manière la plus économique de se déplacer.

Évidemment, l’argent ne fait pas tout. Et oui, même si ça devait être payant, je choisirai toujours le stop… pour cette excitation lorsque je vois un clignotant s’allumer… pour cette satisfaction et ce bonheur lorsque je suis invité à monter dans la voiture… pour ces moments avec le chauffeur à échanger ces histoires incroyables…  pour ces sourires, ces rigolades et ces grimaces avec ces inconnus que je n’oublierai pas… pour ces discussions intenses car nous savons que, dans 30 minutes, ce sera fini !

Pour la liberté, la vraie ! C’est fini la pression des horaires pour ne pas louper son train. C’est fini les annulations, les pertes de billets ou la galère pour réserver ! C’est fini d’attendre 2 semaines pour le prochain transport.  Il n’y a que vous et la route. Vous souhaitez vous rendre au Sierra Nevada ? Alors, vous prenez votre sac, une planche de carton et vous êtes partis ! Aucune contrainte, aucune pression.

Pour rencontrer les locaux et leur manière de se déplacer (une facette de la culture invisible à la majorité des touristes). Je ressors toujours d’un pays avec de nouvelles histoires sur leur façon de conduire. Comme lorsque je faisais du stop pour rejoindre Poznań en Pologne, mon chauffeur parlait uniquement polonais et russe. J’essayais de lui faire comprendre mes craintes par rapport à sa conduite, en vain. Une vraie conduite russe… c’est-à-dire qu’il n’y a pas de règle ! On va dire que s’il a décidé de doubler un camion alors qu’il y a deux véhicules qui arrivent en face sur une voie simple, il le fera ! NO PROBLEM ! Le camion doublé et les voitures en face devront tous se décaler sur la chaussée… à la limite de manger de l’herbe. Et mon chauffeur passera sereinement au milieu ! Evidemment, je l’ai très bien vécu sur le moment avec l’habitude. Non, je rigole, j’étais en sueur ! Normalement, tu conduis comme ça uniquement sur les jeux vidéo car tu peux revivre 🙂

Dans ces pays, j’ai le sentiment qu’ils n’ont pas tous compris le concept définitif de la « mort ».

Au final, c’est plus qu’un moyen de se déplacer. Pour beaucoup, leur moyen de transport permet d’aller à une destination pour commencer un voyage. Alors que l’auto-stop fait partie intégrante du voyage et de l’expérience que l’on en retire.

Les inconvénients

Le revers de la médaille est la nécessité d’avoir du temps. Il faut aussi une certaine technique pour le faire efficacement. Il ne suffit pas d’acheter un billet et de s’assoir dans un siège. Bien sûr, avec de la pratique, vous arriverez à réaliser des trajets de plus en plus long par jour et vous arriverez même à prévoir l’heure à laquelle vous atteindrez votre prochaine étape.

Par exemple, j’ai rencontré un Français qui vit comme tout le monde avec un travail et ses contraintes. La différence lorsqu’il prend deux semaines de vacances, il fait tout en auto-stop. Pourtant son temps est limité. Lors de sa dernière excursion en partant de Lyon,  il a eu le temps de visiter une partie de l’Angleterre. Puis, il a continué sa route jusqu’en Ecosse avant de faire la route retour pour revenir dans les temps à son travail.

La perte de confort au profit de la liberté peut être démesurée pour certain·e·s. Il est confortable de savoir quand nous allons prendre le bus avec l’heure de départ et d’arrivée pour planifier en amont et en aval le voyage. De mon point de vue, cette incertitude n’est pas un inconvénient, au contraire car ça donne un charme au voyage… en laissant une place pour l’aventure, les imprévus et les aléas de la vie.

Enfin, comme toute activité qui se pratique à l’extérieur, la saison avec sa météo amène son lot de difficultés.

En fait, rien ne vous empêche de faire de l’auto-stop dans n’importe quelle condition. J’ai déjà fait du stop à la mauvaise saison, sous la neige alors que j’étais à court de temps et ça a très bien fonctionné aussi ! D’ailleurs, ce jour là, il y avait une petite tempête de neige et j’avais déjà marché pendant plus de deux heures pour rejoindre l’autoroute. J’étais gelé jusqu’au bout des doigts malgré mes gants. Et je devais avoir une stalactite qui pendait du nez vu le regard des automobilistes !

Une fois au bord de l’entrée de l’autoroute, j’ai commencé à faire ma planche. Non sans mal avec le froid et la difficulté à écrire avec des gants. Je devais réchauffer mes doigts à intervalle régulier pour pouvoir manier le marqueur correctement. Enfin, après dix minutes qui m’ont semblées être une heure, j’ai terminé mon support avec ma destination écrite en ENORME ! J’ai du utiliser la moitié de mon marqueur pour ce résultat. C’était lisible depuis l’espace !

Mais quel gaspillage… Et oui parce que j’ai à peine eu le temps de lever ma planche qu’une voiture s’est arrêtée devant moi ! Bingo ! C’était l’extase… ou presque ! C’est vrai que sur le moment, j’étais presque déçu. J’avais passé tellement de temps pour réaliser ma planche dans ces conditions. Sans parler du marqueur que j’avais détruit pour l’occasion. Et au final, c’est à peine si quelqu’un a vu mon chef d’œuvre avant de le mettre à la poubelle !

Évidemment, une fois au chaud dans la voiture, j’étais super heureux ! Pendant une heure je n’ai pas décollé mes mains de l’arrivée d’air chaud. J’ai vite oublié ma planche et je me suis promis de ne plus me donner autant de mal pour les prochaines.

Bref, certaines situations rendent l’autostop plus difficile. Mais nous nous ennuierions sans un minimum de challenge !

Seulement si vous voulez débuter, il vaudrait mieux prendre en compte ces inconvénients pour commencer avec des bonnes expériences… partir en été par exemple ! Ainsi vous serez plus à l’aise pour continuer dans des situations plus complexes.

La sécurité

C’est le point le plus sensible de manière générale et encore plus avec l’auto-stop alors j’approfondirai le sujet dans un article qui lui sera consacré.

Il y a encore quelques décennies, lever le pouce était courant. C’était dans les mœurs.  Et il y a 40 ans, la sécurité n’était pas celle que nous connaissons maintenant.

Pourtant au 21e siècle, il semblerait que ce soit la pire période pour le pratiquer alors que nous vivons à une époque privilégiée pour la sécurité. Apparemment, ce serait beaucoup trop dangereux et je devrais statistiquement être déjà mort depuis longtemps avec tous mes voyages en auto-stop.

À ce jour, je n’ai jamais rencontré un autostoppeur ou ancien pratiquant qui le considère trop dangereux. À la limite, certaines personnes m’ont recommandé de le faire à 2. En particulier, lorsque j’abordais le sujet de l’auto-stop pour les femmes.

Mais il n’y a pas non plus de limite dû à votre sexe. Chacun à ses avantages et ses inconvénients. Pour citer l’Aventurière Fauchée, blogueuse/voyageuse : « Je ne pense pas qu’il soit plus dangereux de voyager en tant que femme, que de vivre en tant que femme ».

Bref ! L’auto-stop nous permet d’évoluer, de vivre le moment présent et d’enrichissantes nouvelles expériences. Nous progressons énormément sur nous même, en dépassant nos limites, repoussant nos peurs et nos inquiétudes. A la fin, nous gagnons une confiance en soi incroyable ! Finalement, je considère que c’est une expérience qui mérite d’être vécue au moins pour un voyage.

« Try everything once.. »

Translate »

Pin It on Pinterest